retour

L'archimedion

Archimedion_1

Un système à déséquilibre entretenu


Dans son ouvrage De Causis Naturalibus, au chapitre XV consacré au principe d'Archimède, dom Munius décrit la machine à déséquilibre entretenu qu'il nomme archimedion et en attribue l'invention au mathématicien Alzon (Archimedio Alzonis).
  Le concept était sans doute déjà connu, car les croix pattées templières , ainsi que le carré latin [SATOR AREPO] TENET OPERA ROTAS (traduction : « [ceci] maintient les roues au travail » ou « le travail tient les roues »), paraissent en être des crypto-témoignages. Certains voient dans le symbole indien et tibétain de la svastika 卍, symbole du mouvement universel, voire dans le symbole taoïste du yin-yang ☯, un témoignage encore plus ancien du concept.

On trouve en outre le dessin de l'archimedion au 108e schéma du Maschinen Tractate de Johann Bessler (1681-1745). Il y a donc fort à parier que Bessler (alias Orffyreus) a eu en main l'ouvrage de dom Munius, mais, contrairement à dom Munius, il ne plonge pas complètement le dispositif dans l'eau, puisqu'il indique le niveau de l'eau par la ligne BB.



Archimedion_2

 

Explication du schéma et principe moteur (d'après dom Munius)


En bleu, c'est de l'eau. La machine est entièrement plongée dans la masse liquide d'un bassin (arca aquae).

Sur le schéma, les disques violets représentent des masses sphériques très pesantes. Toutes de masse égale, elles sont soudées chacune à une membrane étanche souple, qu'elles actionnent dans un sens ou dans l'autre, suivant la position des soufflets.

En blanc, c'est de l'air, enfermé dans les soufflets. Deux soufflets opposés sont reliés par un tube qui permet le déplacement de la masse d'air de l'un à l'autre. (Per tubulum ducitur aer ad adversum follem.XV, 27.)

Les sphères pesantes, à droite, poussent sur la masse d'air ;  à gauche, elles attirent la masse d'air. L'action conjuguée de deux sphères pesantes opposées déplace la masse d'air du côté droit au côté gauche, provoquant un déséquilibre dû à une poussée d'Archimède plus forte à gauche qu'à droite.

Ce déséquilibre entretenu induit le mouvement rotatif de l'archimedion.

Condition de fonctionnement : pour déplacer un volume d'air donné d'un soufflet à l'autre, le poids total de deux masses opposées doit être supérieure au poids de ce même volume en eau. (Ad quantum aerem movendum ab hoc folle ad illum follem, tanta aqua levior necesse est quam coactae moles.XV, 35.)


Un indice ?


A

On peut se demander si la forme spéciale de la lettre A, dans le 108e schéma du Maschinen Tractate de Johann Bessler, symbolise la forme identique prise par la membrane, à la fois dans le soufflet de gauche et dans celui de droite, quand le tube est en position horizontale...








Sator Arepo