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LES MAINS DE GRÂCE




Je mendie un amour que tu ne peux donner : tu crois ne rien pouvoir pour moi...

En toi demeure cependant la vibration secrète dont mon corps a soif et qui m'abreuverait si seulement tes mains voulaient parfois se poser sur les miennes et m'apaiser !

Aussi, j'ai mendié pour tes mains, en appelant à ta pitié.

Tu as hésité à répondre, de crainte de bâtir pour moi la maison de la Grande Souffrance à venir, vaste demeure vide que je hanterai, hanté moi-même par ton ombre, quand tu seras définitivement partie, un jour, un jour qui se rapproche... de jour en jour !


C'est pourquoi j'ai mendié le présent.

Alors, en un instant de lumière éternel, ta main avec douceur s'est portée vers la mienne. Et un immense flot de gratitude m'envahit quand je repense à ce moment où je t'ai vue venir à mon secours : tes doigts, tes pauvres doigts ont pris, ont enserré mes doigts, et j'ai senti s'effacer ma détresse, tandis que tout mon corps, sous le courant d'amour qui émanait de toi, se remettait à vivre.

J'ai vu le ciel s'ouvrir et les nuées se dissiper. D'un seul coup, tout s'est éclairé : ta beauté rayonnait sous le soleil levant de ta miséricorde.